Ah, le fameux syndrome de la page blanche, la hantise de l’écrivain. Vous êtes à votre table, stylo à la main, ou devant votre ordinateur et … rien. Vous ne savez absolument pas quoi écrire, par où commencer. Et cela peut durer longtemps.

Une solution parfois évoquée est d’avoir une préparation extrêmement poussée de son livre. Puisque tout est prêt – le scénario, le découpage des scènes, la description des personnages et des différents lieux – … il « n’y a plus qu’à » écrire.
Mon problème, c’est que je ne fonctionne pas comme ça. Impossible de partir de zéro et de préparer le déroulement de l’ensemble de mon livre : j’ai besoin de découvrir l’intrigue au fur et à mesure, de faire connaissance avec mes personnages en les voyant en action. Mais parfois, je bloque, car en fait, je ne sais pas encore comment se poursuit l’histoire que je suis en train d’écrire.

J’ai donc développé une organisation d’écriture particulière pour ce roman, que je vous détaille ici.

Un synopsis léger

Je vous l’ai dit : je ne sais pas programmer l’ensemble de mon livre à l’avance. Pourtant, lors de projets d’écriture précédents, j’ai souvent été bloquée car au bout d’une cinquantaine de pages, après avoir décrit mon univers et y avoir fait évoluer des personnages, eh bien … je n’avais aucune idée de ce qui se passait ensuite.

Afin de remédier à cela, j’ai donc commencé par écrire le synopsis de mon livre. Quand je parle d’un synopsis « léger », c’est vraiment ça : à peine une page et demie manuscrite, au format A5. Presque rien, juste de quoi poser le décor, la situation initiale, quelques péripéties et la fin attendue. Par exemple, j’ai noté qu’il s’agissait « d’une héroïne », mais je ne sais encore rien d’elle.

Pourtant, cela me suffit à garder mon cap. Ainsi, quand j’ai l’impression que l’inspiration n’est plus là, que je ne sais pas exactement où je vais, je relis ces quelques lignes et me rassure : oui, je sais où je vais, puisque c’est marqué là.

Plus jamais de panne d'inspiration

La préparation des scènes en avance

Quand je me suis lancée dans l’écriture de mon roman, j’ai fonctionné comme pour mes projets précédents : en me laissant porter par l’écriture. J’avais en tête tout le début de l’histoire, l’écriture était donc assez fluide. Puis je suis arrivée à des scènes que je n’avais pas encore pensées. Mon synopsis est surtout un guide, une direction globale, et ne décrit pas l’ensemble des péripéties, loin de là.

J’ai donc essayé d’inventer en écrivant, pour voir ce que cela donnait. Spoiler alert : c’était très mauvais. Au delà de l’écriture en elle-même, je tournais en rond. J’essayais de m’appliquer sur des descriptions, sans avoir aucune idée de l’action qui devait se dérouler. Non seulement je n’étais pas inspirée, mais je m’enfermais toute seule dans des culs-de-sac narratifs. La catastrophe : j’étais complètement démotivée.

Ma solution : préparer quelques scènes à l’avance. C’est un travail en deux temps : la plupart du temps, je prends le temps de réfléchir à ce qui va se passer en avance. C’est souvent quand je suis en train de m’endormir que cela me vient à l’esprit. Sinon, je profite de grandes promenades au soleil pour y réfléchir. Et puis évidemment, une bonne idée peut venir n’importe quand, n’importe où ! Une fois que je sais ce qui va se passer, je passe à l’écriture du détail des scènes, mais sans me préoccuper de la qualité de ce que j’écris.

Évidemment, si de « bonnes » descriptions ou des dialogues percutants me viennent à l’esprit, je ne m’empêche pas de les écrire. Mais sinon, je ne me prends pas la tête pour trouver le bon mot, ou même pour poser le décor. Cela donne des phrases du genre « et là, ils vont se rendre compte qu’en fait la statue est vivante, et ils vont s’enfuir à toutes jambes mais elle va réussir à les rattraper et à les manger tout crûs devant leurs amis ».

Sur ce type de préparation, je considère que je suis entre le plan détaillé et le premier jet.

L’écriture du premier jet

Une fois que je sais où je vais, je rentre réellement dans l’écriture de mon histoire. Je prends le temps de travailler à détailler l’atmosphère, à faire ressortir le caractère des personnages, à rentrer dans l’action … bref, j’écris. L’avantage, c’est que je sais où je vais, puisque la scène – et généralement les suivantes – est prête, et cela même s’il reste encore beaucoup de choses inconnues pour moi dans mon histoire.

A ce moment de l’écriture du premier jet, l’imagination tourne encore, et me donne de nouvelles idées à intégrer dans de prochaines scènes, ou les explications de tel ou tel phénomène dont j’ai déjà parlé.

Plus de panne d'inspiration !

L’encyclopédie de mon univers

J’aime écrire de la Fantasy. Dans ces mondes imaginaires, il est particulièrement important de réfléchir à tous les mécanismes, les particularités des lieux et des personnages, des peuples … afin de s’assurer de construire un univers cohérent, dans lequel le lecteur pourra se projeter.

Mais, tout comme je suis incapable de détailler l’ensemble de mon histoire avant de l’écrire, j’aime découvrir l’univers dans lequel je fais évoluer les personnages au fur et à mesure. Je ne pense pas que cette approche nuise à la cohérence finale de mon récit. Par contre, je ressens la nécessité de « documenter » tout ça au fur et à mesure.

Par exemple, si j’entame un chapitre dans lequel arrive un nouveau personnage, issu d’un peuple inconnu, je vais commencer à écrire en parallèle l’histoire de ce peuple. Si mon héros se balade dans la campagne et découvre une faune et une flore particulières, j’ai besoin de me souvenir de ce qu’il y trouve pour le réutiliser plus tard dans le récit. Cela fonctionne tout aussi bien avec les « fiches personnages » ou « fiches lieux » qu’on le retrouve dans d’autres méthodes.

Selon les préférences, cette « encyclopédie » peut se construire en amont de l’écriture du premier jet, ou a posteriori, quand toute l’histoire est ficelée. Encore une fois, j’aime que cette construction se fasse en parallèle de l’écriture.

Contre le syndrome de la page blanche : avancer sur tous ces aspects en parallèle

Nous y voilà : pour lutter contre le fameux syndrome de la page blanche, je choisis au moment d’écrire sur quelle partie je vais travailler.

A présent, lorsque je m’installe pour écrire, je me fie à mon instinct. Si j’ai justement imaginé la scène suivante de mon histoire, je m’attelle à la décrire. Si la veille j’ai écrit le premier jet de quelques scènes dans lesquelles j’ai introduit de nouveaux éléments de mon univers, je vais prendre le temps de les documenter et de les détailler à part. Si j’ai « simplement » envie d’écrire, je choisis une scène que j’ai déjà préparée, et je me lance.

Pourquoi cela fonctionne pour moi :
  • J’ai un cadre rassurant. 
Je sais où je vais globalement, grâce à mon synopsis, et dans le détail, grâce à la préparation de mes scènes.
  • Je laisse libre cours à mon imagination et à ma créativité.
 Je ne m’impose pas de cadrer l’ensemble de mon récit, de mes personnages, de mon univers avant de me lancer dans la phase d’écriture.
  • Je ne crains plus la panne d’inspiration.
 Les jours où ça bloque, je trouve toujours quelque chose à écrire avec plaisir, que ce soit le détail d’une scène ou mon encyclopédie.

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